Réflexions sur le prix

De très nombreuses personnes sont surprises lorsqu’on leur annonce un prix de vente dépassant les 50 euros pour un furet. En effet, jusque dans les années 2010, il était assez courant de trouver des furetons vendus entre 30 et 50 euros. Les prix dépassant les 100 euros étaient alors l’apanage des animaleries, ce qui n’était pas vraiment un gage de qualité quand on sait quelles sont les conditions d’élevage des furets dans les « usines à animaux« …
Aujourd’hui, le prix de vente classique d’un fureton zibeline issu d’un élevage privé est compris entre 150 et 200 euros.

Qu’est-ce qui justifie un tel montant (voire plus) pour un jeune furet ?

Il y a d’abord les frais de nourriture à prévoir.
Par rapport aux années 1990-2000, où les croquettes bon marché étaient la norme, l’alimentation du furet a heureusement progressé dans le bon sens. De plus en plus de propriétaires et d’éleveurs privés nourrissent leurs furets avec une alimentation carnée; or cela revient plus cher que d’acheter des croquettes pour chat premier prix dans un supermarché ! Les proies, et à plus fortes raisons la viande fraîche et les abats, constituent un coût non négligeable, surtout si vous n’avez pas assez de furets pour bénéficier de prix de gros (en achetant à la tonne).
Il est bon de rappeler que lors de la période du sevrage (souvent en été), les pertes de nourriture peuvent être assez conséquentes, car les furetons mangent en petites quantités et la nourriture se gâte vite avec la chaleur…Autant d’aliments chers qui termineront à la poubelle, mais qui auront malgré tout coûté de l’argent !

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Il faut aussi prévoir les frais vétérinaires, beaucoup plus développés et plus importants aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Car si en 1990, il était déjà rare de trouver un vaccin contre la maladie de Carré pour les furets, l’identification par puce électronique, le détartrage, la prise en charge des problèmes de mise bas ou le suivi sanitaire des jeunes restaient totalement anecdotiques !
La majorité des particuliers reproduisant des furets ne vaccinaient aucun de leurs animaux, ne les identifiaient pas et procédaient encore moins à une vermifugation complète…Quant aux éleveurs, beaucoup se débrouillaient avec les moyens du bord en faisant tout eux même sans l’intervention d’un vétérinaire…ce qui coûte forcément moins cher que de payer une consultation !
Notons aussi que les furets de chasse français étaient plus rustiques et moins sujets aux maladies que nos furets de compagnie actuels. Dans les années 1970, un furet pouvait espérer vivre jusqu’à 15 ans, soit le double des furets modernes…

Le coût d’achat des parents est également répercuté sur le prix de vente des jeunes, d’autant plus dans le cas de petits élevages qui choisissent leurs reproducteurs un par un. En effet, acheter un seul furet chez l’éleveur X, un autre chez l’éleveur Y et deux furets chez l’éleveur Z, cela revient plus cher que d’acheter un lot de 25  reproducteurs à un seul et même éleveur ! Surtout dans le cas de certaines lignées ou mutations, qui peuvent s’arracher à prix d’or aux vues de leur rareté et parfois de leurs résultats en expositions (pour les pays étrangers qui en pratiquent beaucoup).

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Midona

N’oublions pas non plus les frais d’achat du matériel nécessaire à l’élevage: cages  spacieuses (pouvant atteindre les 350 euros/cage), des parcs pour les petits, les congélateurs et frigos pour stocker les aliments frais, mixeurs, broyeurs, les biberons, gamelles, la paille pour les nids, les produits de nettoyage, médicaments, vermifuges…
Ces frais montent très vite à des sommes pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros par an lorsqu’on a une population importante de furets !

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Ferret Nation 2: une cage à 350 euros

Enfin, il reste ce facteur dont on ne parle pratiquement jamais: la main d’œuvre !
Car pour entretenir ce petit monde, nettoyer, aller chercher la nourriture, manipuler et sociabiliser les furetons…il faut du personnel. Cela se résume bien souvent à une seule personne, voire deux lorsque l’éleveur est en couple; car les revenus apportés par la vente de furetons sont bien souvent insuffisants pour permettre d’embaucher des salariés. L’éleveur se retrouve ainsi à passer de très nombreuses heures par jour à entretenir « gratuitement » ses reproducteurs, en espérant effectuer assez de ventes pour dégager l’équivalent d’un SMIC annuel.
Beaucoup de petits éleveurs ne parviennent pas à ce montant et ne gagnent même pas assez pour débloquer l’accès à des prestations sociales (couverture maladie, congé maternité…) !
Autant dire que lorsque vous lisez que les éleveurs de furets s’en mettraient « plein les poches« , il s’agit de désinformation pure et simple ! Pour se faire vraiment beaucoup d’argent avec les furets, il faut soit être revendeur et pas producteur, soit avoir au minimum 50 femelles et ne garder aucun retraité, élever en cage et non en semi-liberté dans la maison, ne pas manipuler les furetons pour gagner du temps et vendre un maximum de sa production à des grossistes pour s’épargner le temps passé à contacter et rencontrer les adoptants…

Mon cas de figure

Pour ma part, j’ai choisi de privilégier le bien-être de mes furets et leur intégration dans ma famille. Je souhaite donc avoir un maximum de 10 femelles, et garder autant de retraités que possible, ce qui assez éloigné du seuil de rentabilité d’un élevage…
J’ai aussi fait le choix de sélectionner des furets rustiques, au poil court et aux couleurs classiques, bien loin de ce qui se vend actuellement à un prix élevé (chocolat angora à 350 euros, black milkmouth angora aux yeux verts à 450 euros…). C’est un choix éthique et de qualité, qui rapporte beaucoup moins que de suivre les modes.
Chacun de mes furets a accès aux meilleurs soins de santé possibles, même si cela n’est pas compatible avec un objectif de rentabilité. Il est hors de question pour moi d’euthanasier un de mes furets sous prétexte que ses soins coûteraient trop cher, la vie de mes animaux déjà présents passent avant les frais de saillies ou les achats de nouveaux furets.
Je ne me pose pas la question de mes horaires de travail ou de mes vacances quand il s’agit d’amener un furet chez le vétérinaire en urgences à 2h30 du matin, de faire les cages à fond tous les jours de l’année, ou de faire 35 km aller et retour pour aller chercher une livraison de proies. Je fais tout ça par amour et par passion, même si cela ne me rapporte pratiquement rien. J’essaie de dégager un petit bénéfice de par la vente de mes furetons; mais ma plus grande récompense est de les voir grandir, de les tenir dans mes mains et d’assister à leurs premières fois !

Si sachant cela, vous trouvez encore que le prix de vente de mes furetons est excessif, alors je pense que vous n’avez pas encore compris quelle valeur a réellement l’élevage de furets à mes yeux.

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Midona

 

Rapide calcul

Pour finir, je vous propose de faire ce petit calcul

La première année, entre la primo-vaccination, le puçage et la vermifugation, un fureton acheté au départ 50 euros sur un site de petites annonces peut générer un surcoût d’environ 140 Euros à son propriétaires ! Autant dire qu’avec un tarif de base de 200 euros, qui comprend de nombreux services en sus, nous vous proposons un prix raisonnable.

Considérations éthiques

Depuis quelques années, les annonces pour des furetons à 20 ou 30 euros explosent. Or cela ne va pas sans conséquences:

  • Les furets en question sont plus facilement victimes d’achat impulsifs et finissent donc fréquemment abandonnés
  • Ce sont souvent des animaux issus d’une mauvaise sélection, qui peuvent être atteints de tares génétiques graves.
  • Leur prix très bas est souvent corrélé à une mauvaise alimentation et à une absence de suivi vétérinaire.
  • La concurrence déloyale des particuliers qui vendent des furets à 20 euros coûte leur travail aux éleveurs passionnés, qui ont du mal à s’en sortir…
  • Certains amateurs malhonnêtes n’hésitent pas à maltraiter leurs furets, à mentir sur la provenance des furetons ou à falsifier les carnets de vaccination…

À la lumière de ces éléments, il est plus éthique, plus sûr et plus raisonnable d’acheter son furet à un éleveur passionné et sérieux, plutôt qu’à un amateur mal renseigné (et potentiellement malhonnête) sur un site de petites annonces.

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Sàrkàny of Bajnok